Le confort et l'indifférence
Article intéressant aujourd'hui du côté de eMarketer. "Seulement" 1.2 milliards de dollars auront été dépensés, aux États-Unis, pour la publicité sur les réseaux sociaux. Mettons ces chiffres en contexte : il s'agit d'une augmentation de 34% par rapport aux chiffres de 2007. Cependant, le début d'année semblait beaucoup plus prometteur : eMarketer prédisait en mai des dépenses de 1.4 milliards de dollars en 2008. Si la tendance se maintient (une phrase à la mode ces temps-ci), eMarketer prédit que nous ne verrons, au cours des 5 prochaines années, qu'une augmentation marginale de ces dépenses.
eMarketer parle ensuite de la récession économique et des problèmes de MySpace afin d'expliquer ces mauvaises performances. Je me demande cependant si le problème n'est pas plutôt le confort dans lequel se trouve les départements marketing des grandes entreprises. Que l'on fasse de la publicité à la télévision, à la radio, dans les journaux ou même que l'on fasse des bannières Web, le concept est toujours relativement semblable : l'entreprise doit faire passer son message grâce à diverses techniques audio-visuelles dont elle a plein contrôle. C'est ce qu'ils ont appris à faire dans leurs cours aux HEC et c'est ce qu'ils ont toujours appliqué dans leur carrière. Dans le cas des réseaux sociaux, l'exercice est complètement différent : on doit préparer un catalyseur, un déclencheur et regarder la communauté s'approprier, transformer et diffuser le message. Ça va probablement prendre un certain temps avant que ces experts acceptent et maîtrisent ce nouveau paradigme. Peut-être même qu'ils ne l'accepteront jamais et qu'il faudra attendre la prochaine génération de marketeux, celle qui aura été formée dans un programme spécialisé, avant de voir le grand boom auquel on est en droit de s'attendre.













